Retour de concert, Kings Love Jacks

Un groupe sympathique découvert en première partie du concert de Rone à la Laiterie (Strasbourg) samedi dernier, 21 février.

****

(Crédits photo ? Tirée du Facebook officiel, on pourra lui rajouter son auteur ou la supprimer)

Pas facile de passer en première partie d’un artiste aussi attendu et électrifiant que Rone. Débarquer dans une salle conquise qui attend impatiemment son heure… Je me suis toujours dit que cela devait être stressant et ingrat.

Kings Love Jacks a très joliment relevé le défi samedi dernier à la Laiterie de Strasbourg ! Je me suis clairement dit après leur départ qu’il fallait que je note le nom du groupe pour aller fouiner le net plus tard, histoire de trouver au moins des extraits et pouvoir réécouter ça.

La preuve par deux de la difficulté d’une première partie, c’est de marquer suffisamment le public pour qu’il aille en chercher plus. Nécessité d’avoir une bonne sélection de morceaux et de réaliser une performance scénique qui puissent conquérir en peu de temps. Et ce…. Parce que souvent le concert pour lequel les spectateurs sont venus efface tout souvenir de la première partie. Je ne l’avais pas du tout prévu, ce fut plus ou moins mon cas ici (bon, faut dire aussi que je vis dans l’instant et que mon cerveau reboot ta régulièrement) : les performances musicale et scénique de Rone étaient tellement intenses que ça a « écrasé » tout le reste… Ou presque. Visuellement, physiquement, et acoustiquement parlant, j’ai été tellement bombardée que le reste a pour peu disparu.

Mais heureusement, il me reste encore certaines sensations clé, alors allons-y. Pour commencer, je crois que c’était un gros plus pour le groupe de jouer dans un sous-genre d’électro différent de celui de Rone. Probablement plus facile pour ne pas se marcher sur les plates-bandes ou ne pas « décevoir » le public déjà accordé sur la fréquence de ce qui va suivre. Je crois que mes camarades et moi avons raté le début de la partie, avec ensuite l’entrée concentrée en quête d’une place adéquate, mais dès que je me suis posée et ai pu relever la tête pour prêter attention à ce qui se passait autour de moi, j’ai été hameçonnée.

« Tiens tiens! » Le côté imprévu, surprenant, grisant presque, d’une énergie bien projetée en avant dans la salle. Un étonnant et savoureux mélange de rock et d’électro. Je pose une oreille, puis l’autre, j’écoute attentivement. Le groupe est probablement déjà chaud – et une partie du public « de front » aussi, ce qui aide – et se balance très en rythme. Ça pulse, ça saute… Le bassiste est bien représentatif de l’ensemble, il ne tient pas en place ! Il se déplace, d’avant en arrière, puis de côté, se tourne vers ses acolytes, s’approche d’eux alternativement, puis s’arrête, tombe dans l’ombre (d’un jeu de lumière), puis repart, fait signe au public de taper dans ses mains, se courbe fort bas sur sa guitare… Je me mets à taper du pied et à balancer la tête à mon tour. Efficace !

Quid des effets de lumière ? Il faut vraiment creuser sa mémoire après le souffle nucléaire de Rone. ^^’ Comme une rétine qui a regardé trop longtemps le soleil… Mais j’ai retenu un panorama global. D’une part, j’approuve la fumée qui s’échappait déjà de la salle en volutes à notre arrivée. Je pense qu’utilisée avec parcimonie dans des moments clé, alliée aux lumières, elle peut servir le groupe. A réfléchir je pense. Dans le cas présent… Je ne saurais dire dans quelle mesure ça a eu de l’effet sur moi. Je pense que c’est le mélange de cette texture et du choix des couleurs restreintes, plutôt froides, ainsi que l’animation, qui ont produit un résultat assez inattendu : j’ai trouvé l’ensemble des effets étrangement « doux » et tamisés pour cette ambiance rock ! Le violet sombre de la photo de couverture notamment a marqué mon oeil ; pour le reste il m’aurait fallu des extraits vidéos pour me rafraîchir la mémoire… Certains jets de lumière / projecteurs étaient utilisés de façon assez classique somme toute, j’aimerais vraiment les voir user de créativité de ce côté, car je pense que cela pourrait réellement nourrir leurs morceaux. Ca donnera un rendu plus « fini ».

Autre point musical qui a intrigué mon oreille absolument neuve et non formée. Je ne sais pas si les réglages sons étaient très équilibrés, si cela avait été bien testé à l’avance et était voulu ainsi, car pour ma part j’ai eu la sensation de ne pas profiter d’assez de « profondeur de champ ». Comme s’il n’y avait que deux couches principales : la batterie et les sons électroniques. Par moment j’avais peut-être un peu de mal à entendre la basse, du moins c’est la trace qui m’en est restée. (J’aurais vraiment aimé avoir meilleur mémoire de ces instants pour revisiter tout ça!) Et justement, par ailleurs, après avoir reparcouru la tracklist en ligne je note que les arrangements concerts de l’album sont beaucoup plus épicés ! La teneur rock est très exacerbée. Personnellement, c’est ça qui m’a plu, cette recherche entre le rock et l’électro, extrêmement énergique, et alimentée par la présence des membres du groupe (le bassiste en tête). Il faudrait comparer les différents albums/EPs, parce que j’ai la sensation que selon les albums les choix stylistiques et les tonalités sont différentes, et probablement que cela serait également le cas en concert, à la fois sur chacun des albums, mais aussi entre deux interprétations live d’un même EP.

Pour une prochaine fois, autre note scénique, même si je suppose que ça dépend plutôt des choix des gérants de la salle de concert je crois qu’il est toujours plus facile pour un groupe de première partie d’avoir droit au même traitement « pénombre » que l’officiel. Cela permet mentalement de se mettre « en position » (de réceptivité), offrant ainsi un cadre à la fois visuel et contextuel pour enserrer la performance. Si jamais il s’agit d’une question technique, pour que les gens puissent y voir et se placer dans la salle, peut-être essayer de négocier tout de même une quantité réduite de lumière ? Sinon ça donne facilement l’impression que le groupe n’est qu’un fond (et dans ces cas là, autant brancher la radio….) du moins c’est un avis personnel. On pourrait profiter mieux du groupe, mais je suppose que ce sont les conditions de cet exercice de style. Cela serait à discuter, j’aurais besoin de retester ce type d’ambiance en fait. Quelque part j’ai la sensation d’avoir été « privée » d’une partie de l’expérience moi-même, soit parce que je n’ai pas été assez attentive à cause du cadre, soit parce que j’étais trop impatiente, ou je ne sais pas. J’aimerais en voir plus.

Du coup je suis restée statique, plutôt sur la réserve, à attendre de voir comment évoluait l’ambiance autour de moi. Besoin de m’échauffer aussi. Par contre, j’avais effectivement foutrement envie de bouger. Si je n’étais pas venue pour quelque  chose de plus posé j’aurais probablement suivi le mouvement. Parce que l’énergie de la musique de Kings Love Jacks, notamment incarnée par le bassiste très en forme (et / ou heureux !) ce soir là, était communicative ; il était simplement le plus visible de là où je me situais dans le fond, mais je pense avoir repéré que l’ensemble des membres étaient très heureux. C’était agréable de le voir se « recharger » auprès de ses compères un à un, comme s’il était branché sur la musique. De fait, la mission de réveiller une salle, de l’échauffer, m’a semblé remplie. Pas mal de gens dans la première moitié du public bougeaient et répondaient avec adrénaline au groupe. Cela m’a ouvert une forme d’appétit musical, d’en voir plus, d’en entendre plus. L’idée que peut être, revenir plus tard pour les voir eux, sur leur terrain, et pouvoir vraiment répondre à l’appel intérieur de leur musique, serait intéressant.

L’ambiance ? Mot clé : accessibilité. Profondément chaleureuse et conviviale, et vraiment, je n’arrête pas de le répéter… mais l’énergie du groupe est terriblement communicative. L’enthousiasme, la joie de jouer, la joie d’être là, et de donner. Il y a une interaction réelle avec le public, sans nécessairement l’interpeler à tout bout de champ ou faire toujours signes avec les mains. Avec les arrangements prévus, si appuyés, les gens ont pu naturellement se sentir appelés à applaudir et frapper dans leur main ou bouger en rythme. Quelque part, et ce point a plutôt tendance finalement à valider un choix d’une salle qui maintient de la lumière sur le public (reste à voir la quantité), l’attitude et l’ouverture des membres rappelle une ambiance de bar / café rock. Un espace où le groupe se trouve au fond de la salle, et nous devant, un peu partout, éparpillés en groupe, en train de discuter parfois, et malgré tout tournés vers eux. Quelque chose de très intimiste et sans barrière, et de profondément festif. Une fois de plus, étant donné que je n’étais pas venue pour ça, que je n’étais pas préparée, et que j’étais impatiente, j’ai été très surprise d’avoir été aussi sensible au groupe, d’avoir autant accroché, ce qui me semble souligner une belle réussite du groupe dans cette position délicate !

Un concert extrêmement encourageant, car je pense que le Kings Love Jacks possède une très grande marge de manoeuvre pour évoluer, progresser, tant dans les choix des arrangements que dans la technique de scène. Selon le type de salle, de lieu, de projet sonore, les possibilités sont multiples pour produire quelque chose de plus feutré et ombre/lumière, ou quelque chose de beaucoup plus dynamique et lumineux, pêchu. L’autre mot clé pour moi, je crois, sera protéiforme. Non seulement cela vaut le coup de se pencher sur tous les albums, mais aussi de revenir les voir en concert, selon que l’accent sera mis sur le son electro ou sur l’assemblage rock batterie/basse. Je me demande même dans quelle mesure, en fonction des sensibilités de chacun, combien de personnes préfèreront carrément venir les voir en chair et en os que les écouter chez eux, tant l’énergie déployée est percutante, et manquera dans l’écoute à la maison. Tout dépendra de nos humeurs, et du sous-genre (plus posé, ou plus tonique). Cela me demandera d’étudier tout ça. 

Petite anecdote finale. Personnellement, vu que je n’ai pas du tout encore l’habitude et le réflexe, j’aime à ce qu’on me rappelle où contacter les gens. Donc j’approuve la mention finale des comptes Facebook et Twitter après la performance. Un bon rappel pour ceux qui comme moi veulent aller fouiner après (même si j’entends bien que ça n’est pas nécessaire et que Google est notre ami).
Félicitations les gars !

****

C’est par ici pour écouter le dernier EP du groupe sur Bandcamp ! (qui est disponible aussi sur Deezer a priori)

Il me semble que le live à Fip était bien sympathique également, avec des morceaux très différents. Je vois plein de petits EPs à découvrir sur bandcamp, je me réjouis d’avance des explorations futures.

Publicités

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s