Retour aux ondes électro 2, de l’électro pixelisée

Aller, ne boudons pas notre plaisir. Je termine la partie 2 du tour d’horizon électro entrepris au mois de janvier dernier (partie1) en ajoutant à la liste ces découvertes, liées au jeu vidéo, puisque c’est après tout ce qui m’a fait revenir dans ces eaux. Voici donc quelques exemples avec les morceaux inspirés de Jim Guthrie, de Xavier Dang et de David Housden, calés dans l’univers électro-acide du jeu vidéo pixelisé.

Jim Guthrie, qui n’est plus à présenter pour beaucoup, a réalisé [The Ballad of Space Babies], l’OST du jeu Sworcery. Il est très difficile pour moi de qualifier ce genre d’albums. Il comporte de nombreuses pistes, assez différentes et avec des styles « variés ». La pâte a été bien travaillée à l’unisson avec le jeu : l’univers sonore est presque « texturé » et contextuel. On sent une pointe d’espièglerie, on voyage ; on imagine des petites créatures, des paysages etc. C’est plutôt bien rythmé et « ambiancé » que minimaliste.

Avec [The State], Xavier Dang a créé un album unique qui n’est pas sans rappeler le style du merveilleux FEZLa particularité de cette musique est d’avoir été partagée en live lors de sa conception sur twitch.fr, pour ceux qui avaient les nuits longues… Des instants curieux dans une ambiance ultra cosy, à découvrir les bidouilles logicielles, les quelques explications du chef, et l’évolution des tracks sur la semaine. Je n’avais pas cherché à comprendre précisément tout ce qui se passait à ce moment-là ; après quelques discussions (en anglais) sur l’éducation musicale et sur les logiciels de sons, je profitais essentiellement de la musique elle-même, déjà d’une grande qualité à mon oreille lors des streams. Au final j’ai été très surprise lorsque j’ai découvert qu’un album avait été concrétisé au bout du compte ! J’avais manqué cet aspect s’il avait été annoncé.

Je ne saurais pas qualifier les morceaux précisément. J’y ressens une sorte de souffle sous-jacent qui porte constamment vers l’avant, avec un côté citadin, moderne, comme une balade dans une grande ville… d’un autre temps pourtant. Des souvenirs de déambulations dans New York, pourtant revisités. Effets de suspension ou d’étrangeté, on a l’impression d’un autre lieu ou d’un autre univers, comme un espace limite, à la frontière. Ca m’a laissée rêveuse, en tant qu’arrière plan de mes lectures d’insomnies, ou même simplement assise le nez en l’air et le regard au plafond. J’ai été transportée ailleurs. Chaque piste est unique, avec une vraie différence, une vraie pâte, et l’ensemble un tout vraiment cohérent. L’album se tient parfaitement, avec un début, une progression, des variations, et une fin. The State EP, c’est un moment. Ce moment-là qui ne se refait pas, au milieu des nuits, d’un total inconnu, et d’un milieu dont je ne connaissais rien. Vierge de tout, de l’électro, du chiptunes, du jeu indé. Je me suis retrouvée là presque par hasard, et je me suis uniquement laissée entraînée par le son.

La musique du très bon [Thomas Was Alone], jeu indépendant audacieux, a été composée par David Housden. Elecro minimaliste et ambient, à tendance chiptune. Mon approche a évidemment été influencée par la découverte du jeu, et je ne saurais dire ce que l’on peut ressentir face à un tel album quand on n’a pas eu l’expérience « intégrative » des deux. Tout ce que je sais c’est que cette ambiance évolutive au fil des pistes (et du jeu), qui nous mène progressivement vers cet espèce d’apex, d’élévation, à coup de sons éthérés, électrifiants, tantôt piano, tantôt informatiques, m’a prise aux tripes. L’envie de me replonger dans cet état, dans ce voyage, dans cette « montée » justement, même quand le jeu est fini. Ca habite ! C’est un mélange savant entre la tendance nature du piano et le côté purement info qui reflète le méta-discours du jeu. Ces petits scractchs, ces petits sons aigus plus ou moins distants… avec parfois des chappes qui font penser à des violons sans en être, c’est extrêmement organique. J’ai la sensation de me retrouver face à un orchestre sans orchestre ; il y a une réelle construction de la composition. C’est reposant, planant, mais c’est aussi grisant ; on est dans l’émotion. La mécanique qui a eu le plus d’effet sur moi reste le jeu sur les distances des sons, l’impression qu’ils sont tantôt proches tantôt éloignés, le fort et le sourd, ainsi que le passage ou roulement des sons entre gauche et droite ; si on ajoute également les effets de croisements entre eux et les jeux de saturation… Bingo.

Pour les connaisseurs, si je devais trouver une comparaison, c’est un peu comme si on plongeait l’orchestration d’un Journey (Austin Wintory) dans un univers chiptune / pixelisé. Maintenant, je me rends bien compte que je devrais probablement faire une review intégrale du jeu + musique, mais… Ahhhhh, le temps manque !

Un coup de coeur pour ce style « chiptune » (pour faire large) qui m’apaise étrangement pour bosser par moment, et qui fait une jolie ambiance sonore de façon générale.

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