[Table de travail] Vers la fin du projet « herbes et lumières »

Après m’être beaucoup arrachée les cheveux sur cet alphabet, avoir étudié, avec aussi recopié, recopié, recopié le poème de Jaccottet, il a fallu se rendre compte que mon projet final allait demander de couper les fragments pour les réassembler. Un espace limité pour mon installation suspendue, il fallait quelque chose de court. Du coup j’ai extrait ce qui me passait le plus parlant. Ce qui est bien c’est que j’ai un maître compréhensif qui m’a vu me prendre la tête à 3 kilomètres, et il a tout de suite prévenu aujourd’hui qu’il me fallait voir moins grand, mais plutôt tenter une chose au moins, qui soit achevée, pour que je puisse avoir un objet abouti sur l’année. Du coup, j’ai choisi seulement deux vers, et on verra si j’ai le temps de les retravailler encore d’ici mi mai pour l’exposition. Lui s’est adorablement proposé de s’occuper d’imprimer et d’installer le projet tel que je l’avais défini. J’espère rentrer de Montréal assez tôt pour voir au moins l’accrochage en extérieur…

Les feuilles préparatoires.

En tout cas on tentera une production. Et j’aurais d’autres idées pour tenter une installation perso qui tiendra aux intempéries, à tester à la maison.

[Table de travail] Herbes & lumières

Instantané du projet de fin d’année actuel.

Je « m’amuse » à « massacrer » P. Jaccottet. Son texte ne le mérite pas, je cherche plutôt à ajouter quelque chose à son caractère emblématique (sauf dans la phase brouillon, je ne peux pas illustrer comment) ; parallèlement, par contre, j’ai des pensées provocatrices qui se moquent des cours préparatoires que j’ai pu recevoir à ce sujet, ou du moins des ambiances un peu perplexes de ces classes où nous n’étions que deux étudiantes à accrocher à la poétique de cet auteur.

(cliquez ici pour voir en plus grand)

« Tu es ici, l’oiseau du vent tournoie,
toi ma douleur, ma blessure, mon bien.
Des vieilles tours de lumière se noient
et la tendresse entrouvre ses chemins
La terre est maintenant notre patrie.
Nous avançons entre l’herbe et les eaux
de ce lavoir où nos baisers scintillent
à cet espace ou foudroiera la faux

« Où sommes-nous ? »
Perdus dans le coeur de la paix
Ici, plus rien ne parle que
sous notre peau, sous l’écorce et la boue,
avec sa force de taureau, le sang
fuyant qui nous emmêle, et nous secoue
comme ces cloches mûres sur les champs. »