Droits d’auteur sur les images et Internet…

Hop, je mets ça ici aussi.

Un excellent post de rappel de Rachel Saddine, sur la question des droits à l’image. Des pratiques qui m’ont effectivement toujours frappé sur le net depuis son existence, longtemps en débat sur DeviantArt aussi à l’époque. On prend partout où on va, on stocke des images, sans réfléchir, on retaille un avatar etc… Ca va très vite. De même que citer sa source c’est la moindre des choses.

>>> Concis et didactique.

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Déflagration

Ou comment l’événement du 7 janvier 2015 a produit un point de non retour. Report d’impressions à chaud depuis Facebook, pour lancer ce blog qui attendait depuis plusieurs mois d’être ouvert. « A Charlie ».

Le choc absolu comme tous. Une journée passée avec une nausée d’enfer, mal partout, et une tristesse sans fin. On ne peut pas assassiner des gens pour une divergence d’opinion, aussi profonde soit-elle.

La tristesse de cette défiguration de l’islam, du clivage qui se creuse en France, des amalgames, des peurs, des intolérances. Le besoin de se rassembler tous parce que des hommes sont morts, point. Et parce qu’on ne tue pas des journalistes, point. Et surtout, surtout l’angoisse de la reconstruction, parce que le fond c’est un mal être ambiant. Il faut tirer des leçons, il faut avancer. Dialoguer, communiquer, éduquer. Chaque corps de métier doit être irréprochable. Le traitement dans la presse quelle qu’elle soit, les forces de sécurité, les politiques, les enseignants…

A la fin de ce jour inqualifiable, j’ai été envahie de pensée qui m’ont surprise. Mes élèves m’ont manqué, mes classes m’ont manqué, et je me suis inquiétée pour ces jeunes, et pour les jeunes en général. Qu’ils aient un encadrement, un lieu de parole, d’expression du choc, un lieu pour remettre en question, pour s’interroger. Parce qu’ils nous font avancer aussi, énormément, et que nous pouvons les faire avancer. Parce qu’une société c’est ça, du lien, des interactions. Et que transmettre le respect, le calme, le recul, la mesure, la tolérance, ça se passe aussi dans les classes.

La niak de revenir à ça, plus que jamais, de ne pas lâcher cette pulsion. Avec les grands à la fac, et avec les plus jeunes. La nécessité du lien. Et la nécessité, aussi, qui m’a souvent brisé le coeur, de sortir la recherche littéraire de sa tour d’ivoire. De cesser de faire peur aux gens quand je mentionne mon diplôme et mon milieu, de couper court à leur discours dévalorisant sur eux-mêmes, qui se sentent cons. De couper l’image (et la réalité) de la solitude du chercheur. Remettre du lien, partout. Parler, être visible, écrire, construire des ponts. Sans parler de cette thèse profonde, venue de mes tripes en plusieurs années de maturation, sur ces thèmes tellement contigus. Pour l’ « anniversaire » des deux guerres, ce quinquennat 2014-2018, sur la guerre et le pacifisme chez les écrivains, les solutions esthétiques chez Woolf, la question de la communauté, l’influence de la radio, la musique, l’indicible… Tout vient à point. Il faut parler plus. Redéfinir la place de la recherche.

L’envie d’écrire, comme jamais, m’a étreinte et ne me lâche plus depuis hier, malgré mon cerveau fatigué de cette hyperactivité. Un flux intarissable de pensées et de mots, de questions, après la meurtrissure émotionnelle. Cela fait un bon petit mois au moins que j’hésitais à me remettre à blogger, comme autrefois, pour partager mes carnets de route, des idées, des émotions, de l’esthétique, des questions… et puis ce choc là, paradoxalement, relance la machine. Donner des nouvelles, communiquer avec vous, et d’autres, des anonymes, quand nous sommes à distance ou occupés, aux horaires qui nous arrangent, dans des dispositions « spatiales » bien plus pratiques sur FB. Et puis la fusion, ma recherche personnelle d’esthétique, et la recherche littéraire, les projets plein de poussières dans les cartons ou les tiroirs, qui ont une résonance énorme après ce qui vient d’arriver. La quête du sens, la nécessité de la partager.

L’envie de sa battre, la pulsion de vie.

De fortes pensées pour tous les camarades de classes prépas, avec des souvenirs remontés après l’événement. De soirées animées que nous aurions pu avoir à la cantine de l’internat ou sur le parvis devant LAB, pour débriefer tout ça, pour refaire le monde, ou pour être ensemble. Avec vos personnalités fortes et distinctes, vos opinions. Et la pensée pour les anciens professeurs qui auraient apporté de l’eau à notre moulin, matière à réfléchir en plus. Et avant ça, comment auraient réagi les jeunes lycéens que nous étions ?