La nuit a chassé le soleil, « Race The Sun »

A mes heures perdues, après des journées trop chargées, ou lors de nuits perturbées, j’aime bien me changer des séries et films qui me laissent finalement passive en me posant à la place devant des jeux vidéos. Depuis quelques mois, je découvre un univers protéiforme voire infini, loin des uniques grosses productions consoles que je connaissais. Des gameplays variés (système de jeu), de la beauté, de la bonne musique, de l’esthétisme, des petites méditations philosophiques… Loin du vulgaire, loin du stupide, je remets à zéro le compteur à cliché, et je redécouvre des possibilités. Et bien évidemment, comme toujours, quand je commence à accrocher à quelque chose,  avec le temps l’envie de le partager se fait pressante.

Même si bien des idées (!) me traînent dans la tête, je souhaitais me lancer sur Race The Sun, jeu étonnamment simple qui m’a hameçonnée dès le premier essai. Autant fun que beau. Je cherche toujours des jeux différents, à part, et si on peut considérer qu’il reprend des principes plutôt basiques et vieux comme le monde de type arcade, l’ensemble a été bien « systémisé » et rafraîchi, notamment par une poétique ambiante très épurée mais foutrement efficace à mon goût.

Quand on entre dans le menu et lance la première partie, je crois que tout le monde comprendra immédiatement le principe : couleurs froides, pastels et métallisées, nous sommes ici dans un temple de la sobriété. Le concept est simple mais porteur : « Race The Sun » c’est une course contre le soleil. Loin de la fable écologique (notre vaisseau est alimenté par l’énergie solaire), il s’agit ici d’une course contre la montre ; remonter le temps, aussi longtemps que possible, pour vivre encore un peu, courir encore un peu, parcourir une région de plus, etc. C’est plutôt une ambiance ultra mélancolique et de fin du monde qui pèse, avec cette rougeur qui envahit le ciel quand le temps presse. Remarquez aussi la précision chirurgicale du détail  : au début de chaque partie, sous le titre vous trouverez une citation aléatoire, qui, si parfois elle est un peu décalée (faite pour rire?), la plupart du temps est raccord au thème de la vanité. Poètes et penseurs américains (Walt Whitman, David Thoreau) ou proverbes, nous sommes baignés dans un environnement marqué.

Le gameplay de base est ultra simple : une course d’obstacles solitaire pour attraper des items et des bonus, et aller le plus loin possible dans les paliers sans se crasher sous peine de tout recommencer. Avec une difficulté progressive bien dosée, et quelque additions à droite et à gauche, il y a suffisamment de paramètres pour varier et se faire plaisir, autant à « speedruner » ou « platiner », que pour de simples parties de 10 minutes entre deux portes. Principe non original mais logique pour ce type de jeu, le respawn (réapparition après mort) reprend toujours au début de l’univers, pour établir un échelonnage de difficulté et de challenge, par paliers successifs. Cependant, la nouveauté sa situe dans le système de mondes et régions qui change légèrement tous les jours. Déplacement des objets, item, chemins. Vraiment, tout est bien dosé pour nous faire accrocher, avec des micros défis et des succès accessibles progressivement.

Voici une toute première vidéo de présentation du jeu, en espérant que ça ne sera pas trop le foutoir.

Qui pourrait être complétée par quelque chose de plus fun sur le site officiel du jeu.

Si vous n’êtes pas sûrs de vous et ne souhaitez pas dépenser 9 euros pour un tel jeu, surveillez les promos sur les différentes plateformes célèbres, car c’est ce qui m’a décidé à le prendre (j’ai dû l’obtenir pour 3 ou 4). Et en attendant, testez-le ! C’est par ici.

Toujours le même virtuose, Austin Wintory

Parce que je ne cesse d’y revenir et de m’émerveiller. Ce compositeur est un génie, je ne vois pas comment le dire autrement, au risque d’être plate. Je redécouvre son site récemment grâce au rappel d’une connaissance (d’ailleurs j’aimerais bien y éplucher les quelques articles de blog mis à disposition tiens), et par là-même sa boutique bandcamp, qui propose un aperçu très lisible de ses titres phares. Or justement, comme je vais me lancer dans The Banner Saga, je cède à cette OST magnifique à l’ambiance médiévale que j’ai pu découvrir sur Youtube, ainsi qu’à la « nouvelle » (pour moi, vu que je ne me tiens pas toujours au courant) version des compositions de Journey dont je ne me lasse jamaisréarrangée ici dans une version extrêmement minimaliste au piano.

Peut-être qu’avec le temps j’arriverai à poser des mots sur ce que cela m’évoque ou les sensations que ça me produit quand j’écoute, d’autant plus que cela fut couplé à l’expérience unique du jeu pour Journey, mais trop souvent cela me paraît décalé ou faiblard par rapport à l’expérience musicale elle-même. Un jour peut-être.

Jeter un oeil et une oreille sur la page originale ? (cliquez)


Jeter un oeil et une oreille sur la page originale? (cliquez)