« Rise Up », Andrea Day

Une étonnante surprise. Des paroles simples, mais bien structurées, tournées avec juste ce qu’il faut de métaphores et de réalisme autour d’un phénomène pourtant bien connu (on revisite un grand sujet). Soit, on pourra reprocher que c’est lyrique, trop lyrique, avec une voix « noire » et un grain que l’on « voit partout » aujourd’hui mais… je ne sais pas. Quelque chose m’a touchée, et a titillé mon oreille, ma peau, ma curiosité.

 

« Rise Up »

You’re broken down and tired
Of living life on a merry-go-round
And you can’t find the fighter
But I see it in you so we gonna walk it out
And move mountains
We gonna walk it out
And move mountains

And I’ll rise up
I’ll rise like the day
I’ll rise up
I’ll rise unafraid
I’ll rise up
And I’ll do it a thousand times again
And I’ll rise up
High like the waves
I’ll rise up
In spite of the ache
I’ll rise up
And I’ll do it a thousands times again
For you [x4]

When the silence isn’t quiet
And it feels like it’s getting hard to breathe
And I know you feel like dying
But I promise we’ll take the world to it’s feet
And move mountains
Bring it to it’s feet
And move mountains
And I’ll rise up
I’ll rise like the day
I’ll rise up
I’ll rise unafraid
I’ll rise up
And I’ll do it a thousand times again
For you [x4]

All we need, all we need is hope
And for doubt we have each other
And for doubt we have each other
We will rise
We will rise
We’ll rise, ohh ohhh
We’ll rise

I’ll rise up
Rise like the day
I’ll rise up
In spite of the ache
I will rise a thousands times again
And we’ll rise up
High like the waves
We’ll rise up
In spite of the ache
We’ll rise up
And we’ll do it a thousands times again
For you ohhhh ohhh ohh ohhh ohh [x3]

Aller plus loin que cette chanson, c’est ne pas s’y laisser tromper. Quand on écoute cette artiste en live sur quelques vidéos, la technique vocale, le souffle, le ciselage des mots, les octaves, bref les possibilités d’interprétation de cette jeune sont complètement délirantes . La cover de Florence & the Machine m’a complètement stupéfaite. Si vous pensez qu’elle ne chante que dans l’aigu fulgurante, écoutez le début de « Forever Mine« . Si vous voulez voir à quel point elle peut changer de registre musical et d’accent, jetez une oreille à « Only Love« . Affaire à suivre.

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Transistor Original Soundtrack, Darren Korb

Cette bande son, mais cette bande son ! Je fonds. Complètement trippé et atypique.

Un mélange de jazz et de soul, d’ambiance de fond de cabaret, d’électro moderne, de trips planants, … On oscille entre des airs ou emprunts rétro (« Water Wall ») rappelant le milieu du 20e siècle, avec des cordes grattées aux sons modulés à l’hawaïenne (« Sandbox »), des fonds électro beaucoup plus citadins (« Traces »), voire angoissés et dystopiques (« Vanishing Point »), des choses électro plutôt minimalistes (« Cut Apart ») et des airs chantés mélancoliques et plein de souffrance (« In Circles »). Une dominante rock maintenue, des guitares crades, des rythmes batteries, des frottements (« The Spine »), tout en incorporant des scratchs hip hop, des chappes planantes, etc. Parfois on se retrouve plutôt avec une guitare sèche type acoustique, pour des fragments à dominantes presque latines (« Coasting »). Mais rien n’est isolé, systématiquement les genres vont se mélanger. Quelques mélodies, et surtout l’aspect mixte de l’album, tantôt très électro tantôt plus trip-hop (ou hip hop) avec des touches jazzy, me rappellent le trip hop savoureux de Zero7 par moments (un clin d’oeil qui parle peut-être uniquement à ma sensibilité personnelle, mais ça m’a crevé les yeux) – y compris les inclusions de chanteuses. Car n’oublions pas de parler des contributions délicieuses d’Ashley Barrett sur 5 de morceaux comprenants des thèmes principaux du jeu. Une voix extrêmement chaude et ronde, chaleureuse, ouverte, au timbre impressionnant. Elle peut autant se fendre d’un vibrato très subtil, d’une texture pleine et entière, très douce, que d’une tension du flux limite éraillée qui fout le frisson. Impossible à classer ; parfois c’est du Morissette, parfois du velouté black-soul à la Gloria Gaynor.

Maintenant, évidemment on va aussi plus loin 😉 C’est une pâte à part entière, un tout indissociable. La BO de Transistor s’écoute aussi bien pour elle-même que pour le jeu en lui-même. Elle est puissante, et bien que conçue à la perfection pour soutenir le projet ; elle parle à l’âme sans avoir besoin de son produit d’origine. Une auto-suffisance dont je me délecte.

Le reste sera évoqué plus avant au court d’un long article de décryptage du jeu, en combinaison avec les thèmes principaux, ça me paraît inéluctable.

Tellement de bons ingrédients mis en ensemble dans une seule pochette ! J’écoute, j’écoute, j’écoute, encore et encore, et je ne me lasse pas. C’est fluide, ça coule tout seul, ça accompagne mes journées, souvent mes nuits aussi. C’est pêchu, moody, comment s’arrêter ?