[Table de travail] Vers la fin du projet « herbes et lumières »

Après m’être beaucoup arrachée les cheveux sur cet alphabet, avoir étudié, avec aussi recopié, recopié, recopié le poème de Jaccottet, il a fallu se rendre compte que mon projet final allait demander de couper les fragments pour les réassembler. Un espace limité pour mon installation suspendue, il fallait quelque chose de court. Du coup j’ai extrait ce qui me passait le plus parlant. Ce qui est bien c’est que j’ai un maître compréhensif qui m’a vu me prendre la tête à 3 kilomètres, et il a tout de suite prévenu aujourd’hui qu’il me fallait voir moins grand, mais plutôt tenter une chose au moins, qui soit achevée, pour que je puisse avoir un objet abouti sur l’année. Du coup, j’ai choisi seulement deux vers, et on verra si j’ai le temps de les retravailler encore d’ici mi mai pour l’exposition. Lui s’est adorablement proposé de s’occuper d’imprimer et d’installer le projet tel que je l’avais défini. J’espère rentrer de Montréal assez tôt pour voir au moins l’accrochage en extérieur…

Les feuilles préparatoires.

En tout cas on tentera une production. Et j’aurais d’autres idées pour tenter une installation perso qui tiendra aux intempéries, à tester à la maison.

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La nuit a chassé le soleil, « Race The Sun »

A mes heures perdues, après des journées trop chargées, ou lors de nuits perturbées, j’aime bien me changer des séries et films qui me laissent finalement passive en me posant à la place devant des jeux vidéos. Depuis quelques mois, je découvre un univers protéiforme voire infini, loin des uniques grosses productions consoles que je connaissais. Des gameplays variés (système de jeu), de la beauté, de la bonne musique, de l’esthétisme, des petites méditations philosophiques… Loin du vulgaire, loin du stupide, je remets à zéro le compteur à cliché, et je redécouvre des possibilités. Et bien évidemment, comme toujours, quand je commence à accrocher à quelque chose,  avec le temps l’envie de le partager se fait pressante.

Même si bien des idées (!) me traînent dans la tête, je souhaitais me lancer sur Race The Sun, jeu étonnamment simple qui m’a hameçonnée dès le premier essai. Autant fun que beau. Je cherche toujours des jeux différents, à part, et si on peut considérer qu’il reprend des principes plutôt basiques et vieux comme le monde de type arcade, l’ensemble a été bien « systémisé » et rafraîchi, notamment par une poétique ambiante très épurée mais foutrement efficace à mon goût.

Quand on entre dans le menu et lance la première partie, je crois que tout le monde comprendra immédiatement le principe : couleurs froides, pastels et métallisées, nous sommes ici dans un temple de la sobriété. Le concept est simple mais porteur : « Race The Sun » c’est une course contre le soleil. Loin de la fable écologique (notre vaisseau est alimenté par l’énergie solaire), il s’agit ici d’une course contre la montre ; remonter le temps, aussi longtemps que possible, pour vivre encore un peu, courir encore un peu, parcourir une région de plus, etc. C’est plutôt une ambiance ultra mélancolique et de fin du monde qui pèse, avec cette rougeur qui envahit le ciel quand le temps presse. Remarquez aussi la précision chirurgicale du détail  : au début de chaque partie, sous le titre vous trouverez une citation aléatoire, qui, si parfois elle est un peu décalée (faite pour rire?), la plupart du temps est raccord au thème de la vanité. Poètes et penseurs américains (Walt Whitman, David Thoreau) ou proverbes, nous sommes baignés dans un environnement marqué.

Le gameplay de base est ultra simple : une course d’obstacles solitaire pour attraper des items et des bonus, et aller le plus loin possible dans les paliers sans se crasher sous peine de tout recommencer. Avec une difficulté progressive bien dosée, et quelque additions à droite et à gauche, il y a suffisamment de paramètres pour varier et se faire plaisir, autant à « speedruner » ou « platiner », que pour de simples parties de 10 minutes entre deux portes. Principe non original mais logique pour ce type de jeu, le respawn (réapparition après mort) reprend toujours au début de l’univers, pour établir un échelonnage de difficulté et de challenge, par paliers successifs. Cependant, la nouveauté sa situe dans le système de mondes et régions qui change légèrement tous les jours. Déplacement des objets, item, chemins. Vraiment, tout est bien dosé pour nous faire accrocher, avec des micros défis et des succès accessibles progressivement.

Voici une toute première vidéo de présentation du jeu, en espérant que ça ne sera pas trop le foutoir.

Qui pourrait être complétée par quelque chose de plus fun sur le site officiel du jeu.

Si vous n’êtes pas sûrs de vous et ne souhaitez pas dépenser 9 euros pour un tel jeu, surveillez les promos sur les différentes plateformes célèbres, car c’est ce qui m’a décidé à le prendre (j’ai dû l’obtenir pour 3 ou 4). Et en attendant, testez-le ! C’est par ici.

[Table de travail] Herbes & lumières

Instantané du projet de fin d’année actuel.

Je « m’amuse » à « massacrer » P. Jaccottet. Son texte ne le mérite pas, je cherche plutôt à ajouter quelque chose à son caractère emblématique (sauf dans la phase brouillon, je ne peux pas illustrer comment) ; parallèlement, par contre, j’ai des pensées provocatrices qui se moquent des cours préparatoires que j’ai pu recevoir à ce sujet, ou du moins des ambiances un peu perplexes de ces classes où nous n’étions que deux étudiantes à accrocher à la poétique de cet auteur.

(cliquez ici pour voir en plus grand)

« Tu es ici, l’oiseau du vent tournoie,
toi ma douleur, ma blessure, mon bien.
Des vieilles tours de lumière se noient
et la tendresse entrouvre ses chemins
La terre est maintenant notre patrie.
Nous avançons entre l’herbe et les eaux
de ce lavoir où nos baisers scintillent
à cet espace ou foudroiera la faux

« Où sommes-nous ? »
Perdus dans le coeur de la paix
Ici, plus rien ne parle que
sous notre peau, sous l’écorce et la boue,
avec sa force de taureau, le sang
fuyant qui nous emmêle, et nous secoue
comme ces cloches mûres sur les champs. »